mercredi 20 novembre 2019
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Le mystère des lettres C.M.B. gravées sur les maisons

Les trois Mages, mosaïque de Ravenne

En vous promenant, vous est-il déjà arrivé d’apercevoir sur la façade d’une maison, l’inscription K.M.B. ou C.M.B. ? Paul-Irénée Fransen lève le voile sur l’origine de cette coutume.

 

Dans la Bible, l’évangéliste Matthieu insiste sur l’accueil que la sainte Famille a réservé aux Mages, ces savants étrangers. Ils sont venus de loin pour faire la connaissance de Jésus et le vénérer. Sa naissance leur avait été annoncée par les astres. Cet accueil est sans doute à l’origine de cette coutume ancienne, enregistrée par le rituel romain : la bénédiction des maisons, le jour de la fête de l’Épiphanie.

 

Une tradition millénaire

À Rome, pendant les premiers siècles de notre ère, une chrétienne appelée Severa avait-elle entendu parler de cette tradition ? Sa stèle est conservée au musée épigraphique du Latran. Pour protéger sa tombe, appelée aussi sa « maison d’éternité », elle fit graver sur la pierre qui la recouvrait, une représentation des trois Mages, dans leur costume traditionnel de savants persans avec une tunique courte et bouffante et un bonnet phrygien. Sur sa tombe est aussi gravée une inscription latine signifiant en français « Vis en Dieu ».

 

Étonnante mosaïque sur la basilique de la Nativité

À Bethléem, les pèlerins contemporains de Terre Sainte sont étonnés de découvrir que la basilique de la Nativité est intacte. Cette basilique a été construite sous l’impulsion de sainte Hélène, mère de Constantin, venue en Terre Sainte au IVe siècle. Comment expliquer que cette basilique ait échappé aux destructions perpétrées en Terre Sainte par les soldats perses ?

 

Au VIIe siècle de notre ère, des soldats perses ont envahi la Palestine. Ils ont détruit systématiquement tous les édifices chrétiens, construits la plupart par sainte Hélène, et volé leurs trésors. Les prêtres de Zoroastre, accompagnant les troupes perses, ne supportaient pas les chrétiens. Ils incité les troupes à commettre des pillages.

 

Pourquoi la basilique de la Nativité est-elle toujours là ? Un document du VIe siècle explique pourquoi l’édifice a été protégé. Accompagnant les soldats perses, des prêtres de Zoroastre furent stupéfaits de découvrir, ornant le fronton de la basilique, une mosaïque représentant trois adeptes du culte de leur dieu Mithra.

 

En voyant le costume persan des Mages figurer sur la mosaïque de la basilique, mosaïque aujourd’hui disparue, ils les ont considérés comme des compatriotes car ils étaient habillés comme eux. Ils ont donc respecté leur image et l’édifice qui l’ornait. Allaient-ils détruire un tel témoignage ? La basilique de la Nativité est encore là … sans la mosaïque, hélas !

 

Protéger les maisons

Les Mages ayant protégé ainsi la basilique de la Nativité, pourquoi ne protégeraient-ils pas aussi d’autres maisons ?

 

À partir du XIe siècle, la représentation des Rois Mages va évoluer. La piété populaire, la verve des artistes les ont vêtus d’habits somptueux, leur ont donné un âge différent et aussi une couleur de peau. Mais à Ravenne, le mosaïste de la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf a conservé heureusement l’image traditionnelle.

 

Carnet de voyage

Lors d’une randonnée en Lituanie, un groupe d’Alsaciens fut intrigué par l’existence des trois lettres suivantes, tracées sur la porte d’une ferme-modèle : K.M.B.

 

Ils s’en étonnèrent auprès de la guide, laquelle leur expliqua que ces lettres avaient un lien avec les Mages de Bethléem, c’est tout ce qu’elle savait. Et les Alsaciens de s’écrier : « Kaspar, Melchior, Balthazar ! »

 

De retour au pays, nous avons appris que ces lettres se trouvaient souvent sur la façade des maisons dans beaucoup d’endroits en Europe comme les Flandres, la Grande-Bretagne, la Forêt-Noire, l’Autriche, en particulier la Bavière. Elles étaient posées par les architectes et les maçons. Elles étaient tracées à la main par des enfants. Lors de l’Épiphanie, ils se déguisaient en Rois Mages, chantaient quelques couplets et sollicitaient de la maisonnée, en reconnaissance, des petits présents. Ils manifestaient leur gratitude en écrivant les trois lettres C.M.B. encadrées par la date de l’année de leur visite … et ils disaient : « Que le Christ Bénisse cette Maison » ou « Christus Mansionem Benedicat ».

Paul-Irénée FRANSEN

 

Source : Almanach Sainte-Odile 2019

 

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