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Homélie du 3 décembre 2018



LIRE LES LECTURES DU JOUR

Toute société est régie par des lois. Le centurion, mieux que tout autre peut-être, le sait. Il est là pour faire respecter l’ordre, et il vit dans un corps strictement réglementé. De plus, depuis qu’il est installé en Palestine, il a appris à connaître, et à respecter, les conventions locales. Par exemple, il n’est pas permis à un rabbi de pénétrer sous le toit d’un étranger. Le centurion le sait, et ne prétend pas pousser Jésus à le faire. On peut même imaginer que son respect l’entraîne à s’adresser à Jésus en grec, ou peut-être avec quelques mots d’araméen, plutôt qu’en latin. Cela ne serait pas surprenant d’un tel personnage.

 

Mais que le centurion reconnaisse ainsi la distance qui le sépare du rabbi de Nazareth nous permet-il de borner sa demande par ces conventions sociales ? L’éloge de Jésus est tel que cela semble peu probable. Il parle en effet de prendre place « avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des Cieux » ! Voici une promesse extraordinaire adressée à un incirconcis. Et comme telle, elle nous concerne tous.

 

« Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Le centurion demande deux choses dans cette prière. Il ne demande pas seulement la guérison de son serviteur, il demande aussi qu’elle soit opérée par une parole. L’exemple qu’il donne ensuite ne doit pas nous égarer. Quand il dit « ‘Va’, et il va » et « ‘Viens’ et il vient », le centurion n’explique pas que Jésus doit dire une parole et une seule, il ne prétend pas qu’en en disant plus ou en se déplaçant jusqu’à rencontrer le serviteur malade, Jésus en ferait trop.

 

Autrement dit, le centurion demande plus qu’une guérison et plus qu’un simple ordre qui s’adapte à la situation forcée par les usages religieux…

 

Le centurion en effet ne donne pas des exemples de concision, mais d’efficacité. Quand un ordre est donné par celui qui a autorité, rien ne s’oppose à sa réalisation, elle est immédiate. Autrement dit, le centurion demande plus qu’une guérison et plus qu’un simple ordre qui s’adapte à la situation forcée par les usages religieux : il demande une guérison rattachée à l’ordre de la parole. Si le soldat obéit à son supérieur, c’est parce qu’il est assujetti au pouvoir de sa hiérarchie. La demande du centurion montre que pour lui tout être humain est assujetti à la parole de Jésus.

 

Voilà une magnifique entrée pour notre pèlerinage de l’Avent. Au-delà des rites, au-delà des conventions et des cadres, nous avons reprendre conscience que nous sommes tous soumis à la parole qui a engendré le monde et toute vie. La foi dont Jésus fait aujourd’hui l’éloge dit cela. Cette foi est une adhésion à l’ordre de la parole de Dieu, ordre qui sera bientôt manifesté concrètement à tous. Car, dans cette parole, la guérison du serviteur a pris forme, le statut filial du centurion a pris effet, et, demain, le Verbe de Dieu va prendre chair.

 

Seigneur, dis seulement une parole, ta parole qui ordonne le monde ! Seigneur, nous avons conscience de notre indignité, de la distance qui nous sépare, mais dis seulement ta parole de vie et ce que tu dis prendra chair en nous. Nous aurons enfin une place parmi tes fils, « avec Abraham, Isaac et Jacob, au festin du Royaume des Cieux » !

 

Abbé Philippe LINK

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