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AccueilDossiersDécembre 2018Strasbourg : un nouvel autel pour l’église Saint-Louis de la Robertsau

Strasbourg : un nouvel autel pour l’église Saint-Louis de la Robertsau

Lorsque le père Didier Muntzinger est nommé en 2009 curé de l’église Saint-Louis de la Robertsau, il constate que l’aménagement liturgique du chœur est resté inachevé après la réforme conciliaire. Une réflexion commence alors avec son conseil de Fabrique qui conduira à confier la réalisation d’un nouvel autel, d’un ambon et d’un siège de présidence au sculpteur Thomas Vetter.

Mais la rencontre entre le commanditaire et le tailleur de pierre n’a pas été immédiate. Après avoir surmonté le peu d’enthousiasme suscité par un tel projet du côté de la paroisse, il fallait imaginer une esquisse et trouver un homme pour la réaliser. Les premières propositions n’entraînent aucun coup de cœur. Des prospections sont alors faites en Allemagne mais là encore aucune piste n’est satisfaisante, d’autant plus qu’aucun choix sur la matière (pierre ou métal) ou sur le style (classique ou contemporain) n’est arrêté.

 

Une histoire de confiance

C’est en consultant le site internet de l’atelier de Thomas Vetter que le projet va naître. Le choix d’utiliser la pierre va s’imposer alors tout naturellement dans l’esprit de Didier Muntzinger, d’autant plus que « le courant est tout de suite passé entre nous et que Thomas m’a paru très intéressé par le projet », reconnaît-il. « J’ai accueilli ce projet avec un grand plaisir », nous confie pour sa part Thomas Vetter. « C’est évidemment un travail intéressant pour un tailleur de pierre. J’ai alors fait des propositions après être allé visiter l’église et un rapport de confiance s’est établi rapidement entre nous ».

Pour le sculpteur, c’est une grande première. « C’est la première fois que je réalisais un autel. De tradition catholique, je savais que c’était une pièce maîtresse dans une église. Mais, heureusement que le père Muntzinger m’a accompagné sur les dimensions symboliques de l’objet. Cette formation rejoignait d’ailleurs en partie mon expérience de travail sur la cathédrale de Strasbourg ».

 

500 heures de travail

Le travail peut alors commencer après que le sculpteur a lui-même choisi minutieusement une veine dans un bloc de grès, « une qualité de premier choix » précise-t-il ! Les proportions de l’autel seront définies par l’artiste en lien avec les proportions du chœur de l’église et les exigences liturgiques. Cinq tailleurs de pierre se relaieront pendant deux mois, pour un total de 500 heures de travail, afin de donner à la pierre sa forme elliptique finale et créer l’ornementation néo-gothique de la base. Il ne restait plus alors qu’à l’installer.

« Quand l’autel est sorti de l’atelier et que nous l’avons installé dans l’église ce n’était pas encore un objet sacré », nous dit Thomas Vetter. « Tout devient différent après la liturgie de consécration. La pierre du sculpteur devient une pièce sacrée. Toute l’équipe était là et nous avons vécu cette célébration comme l’aboutissement du travail que nous avions réalisé. C’était un moment important dans ma carrière de sculpteur de pierre. Avant cela, le père Muntzinger était venu à l’atelier placer un parchemin dans la réservation de l’autel, donnant les indications des dates et les noms de ceux qui avaient financé et réalisé le projet. Mais surtout, quel moment émouvant lorsque des reliques ont été déposées sous la pierre d’autel : une relique de saint Jean-Paul II et de sainte Odile ».

Hervé Jégou

 

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