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mercredi 12 décembre 2018
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Édito : un Sauveur nous est né

Chaque mois, retrouvez l’édito de Marc Larchet, directeur du service de communication du diocèse d’Alsace.

Nous nous préparons à vivre Noël, une nuit comme aucune autre dans l’année, une nuit d’espérance et de lumière. Nos églises seront pleines, c’est si rare, pour célébrer, dans la joie, la naissance de l’Emmanuel, Dieu avec nous. Voilà un peu plus de 2000 ans, cette naissance a bouleversé le monde, comme personne n’aurait pu l’imaginer, même si sa venue était annoncée. Vous rendez-vous compte qu’aujourd’hui, en 2018, ce sont plus de deux milliards de personnes qui vont vivre cette Bonne Nouvelle : un Sauveur nous est né ! Oui, un Sauveur pour chacun d’entre nous, le Fils de Dieu, vivant pour toujours par son Esprit, qui vient nous offrir l’amour infini de Dieu le Père. À nous de l’accueillir, comme les bergers et les mages ont su le faire et en témoigner.

Chaque année, nous lisons en cette nuit de Noël, l’Évangile de Luc. C’est en effet le seul qui a raconté avec précision l’événement de cette naissance. Matthieu rend compte des premiers mois difficiles de Jésus et de ses parents, Marie et Joseph. Les deux autres évangélistes, Marc et Jean, ne mentionnent rien  sur la venue de Jésus. Cette complémentarité des quatre évangiles met bien en lumière la diversité d’expression pour témoigner de la rencontre de Dieu. Si Dieu est unique et nous rassemble dans l’Unité, les voix pour le proclamer sont multiples. L’unité n’est pas l’uniformité, Dieu a fait de chacun de ses fils, de chacune de ses filles, un être unique. Nous sommes tous différents et pourtant tous invités à construire l’unité en nous reconnaissant fils, filles d’un seul Père.

Luc insiste lui sur le dénuement de la venue de Jésus : « Marie enveloppa son fils de langes et le coucha dans une mangeoire car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

Matthieu raconte dans son Évangile comment Joseph et Marie, guidés par l’ange du Seigneur, ont dû fuir pour préserver la vie de Jésus devant l’oppression d’Hérode. Deux mille ans plus tard, combien d’enfants doivent quitter leur pays avec leurs parents pour fuir la guerre, la famine, la misère et préserver leur vie ? Pour Joseph, Marie, et leur nouveau-né, l’Égypte fut la terre de refuge, avant un retour en Galilée. Pour des milliers de citoyens du Proche-Orient, la terre de Jésus, l’espoir c’est l’Europe. Sommes-nous véritablement une terre de refuge, capable d’accueillir la vie avant un retour attendu dans le pays d’origine, une fois les œuvres de mort disparues ?

Luc insiste lui sur le dénuement de la venue de Jésus : « Marie enveloppa son fils de langes et le coucha dans une mangeoire car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » Jésus naît pauvre au milieu des pauvres. Le Fils de Dieu, par sa naissance même, est solidaire des plus démunis. Dès sa naissance, le Sauveur du monde s’ouvre aux petits, aux cabossés de l’existence, aux exclus, et fait le choix de la pauvreté pour s’ouvrir à l’autre.

Devant cette invitation de Dieu, sans cesse répétée, je m’interroge sur notre manière de vivre en Église. Je ne voudrais pas que mon propos soit blessant ou caricatural, mais plusieurs interpellations reçues par mail à la suite de la cérémonie de béatification de sœur Alphonse-Marie en septembre m’incitent à vous partager mon questionnement. Ces personnes exprimaient leur incompréhension face à l’apparat de la cérémonie, particulièrement surprises par l’arrivée sur le parvis de la cathédrale du cardinal Becciu, seul avec son chauffeur, en limousine noire : « comment l’Église peut-elle témoigner ainsi de son désir de vivre pauvrement ? ».

Cette question me taraude car elle me paraît juste au-delà de cet exemple. J’ai beau répondre que cette voiture avait été mise à disposition et que ce n’était pas une demande du cardinal, il reste que l’image transmise était là. Comment, au cœur de nos célébrations, aussi solennelles soient-elles, témoigner de cette pauvreté évangélique et faire retentir la joie partagée de célébrer ensemble le Seigneur ?

En vous souhaitant un Noël d’espérance et de paix, je tiens aussi à vous partager ma joie devant la naissance le 5 décembre de notre radio chrétienne RCF Alsace.  Ensemble, nous ferons de cette radio le témoin de l’actualité de la Bonne Nouvelle pour aujourd’hui.

Joyeux Noël !

Marc Larchet

 

 

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