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AccueilDossiersNovembre 2018Jean-Louis Bonnet : le monde de la santé en évolution

Jean-Louis Bonnet : le monde de la santé en évolution

 

Président de la Fondation Vincent de Paul, Jean-Louis Bonnet a été successivement directeur d’hôpital, conseiller de chambre régionale des comptes, directeur régional des affaires sanitaires et sociales puis directeur d’agence régionale d’hospitalisation et inspecteur général des affaires sociales.

 

Grâce au progrès médical, on a aujourd’hui plus de chance de survivre à un cancer ou à un infarctus qu’il y a 20 ans. Revers de la médaille, l’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement de la population favorisent le développement des maladies chroniques. Ces évolutions conduisent à un accroissement des dépenses de santé dans un contexte de déficit des comptes sociaux. Même si un léger excédent du budget de la sécurité sociale est envisagé en 2019, une réelle contrainte économique pèse sur le monde de la santé.

 

Mutations profondes

Il y a un mouvement de concentration des équipes médicales et des équipements lourds ou coûteux. Cela a permis d’être plus efficient dans la pratique des soins. Le mode d’hospitalisation a aussi changé avec le développement de la prise en charge « ambulatoire » dans les établissements de santé : entrée le matin, sortie l’après-midi. Plus d’une intervention chirurgicale sur deux est pratiquée en ambulatoire. Ce type d’hospitalisation plus courte a pour avantage de réduire les risques d’infections nosocomiales. Toutefois, un retour rapide à domicile est souvent problématique pour les personnes isolées ou en situation de précarité… Aussi, les soins et l’aide à domicile doivent être davantage développés.

 

Nous ne sommes pas toujours cohérents dans nos souhaits. Nous voulons plus de personnels dans les hôpitaux et les maisons de retraite mais sans augmentation des charges sociales, de la CSG ou des impôts…

 

Globalement, le nombre de personnes employées dans les établissements a progressé depuis 15 ans, mais leur charge de travail et la pression qui s’exerce sur eux aussi ! La presse évoque souvent l’épuisement des professionnels de santé. Il est inégalement réparti et reste difficile à mesurer. On constate qu’un patient hospitalisé sur trois a plus de 65 ans. On entre de plus en plus tard en maison de retraite (85 ans) et les personnes accueillies sont de plus en plus dépendantes. Ceci a une conséquence directe sur la lourdeur des prises en charge et donc sur la charge de travail des soignants.

 

Enjeux prioritaires

La prévention devrait être plus développée. Elle recouvre un champ assez large. Travailler à améliorer la sécurité routière ou à diminuer les émissions de pollution, cela rentre dans le champ de la prévention. Un autre enjeu est de favoriser le dialogue : entre les soignants d’une part et entre les soignants et les patients ou leur famille d’autre part. Si les exigences des familles vis-à-vis des soignants sont, légitimement, grandes, il arrive parfois aussi qu’elles soient totalement absentes.

Enfin, je souhaite relever deux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé à l’égard du système de santé français. Celle d’être attentif aux effets indésirables de l’usage des médicaments (à l’origine de 130 000 hospitalisations et 10 000 décès par an). Et celle d’améliorer l’accès aux soins, en milieu rural comme en milieu urbain, dans les lieux qui sont déserts en médecins généralistes même si ce n’est pas le cas en Alsace.

 

Jean-Louis Bonnet

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