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jeudi 15 novembre 2018
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AccueilParole LibreBillets de Mgr RavelMgr Ravel : La longue fin de vie

Mgr Ravel : La longue fin de vie

 

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Ravel.

 

Le sujet de la fin de vie se présente à nous de façon extrêmement concrète. Si nous ne sommes pas encore directement concernés en raison de notre âge ou de notre état de santé, nos proches le sont ou vont l’être. À la différence d’autres questions, celle-là nous implique immédiatement. Et ce d’autant plus que la génération des baby-boomers (dont je suis) commence à s’essuyer les pieds sur le seuil de la vieillesse. Elle mute en génération des papy-boomers. Elle entre intacte dans le dernier âge pour n’avoir connu ni les saignées de la guerre, ni les dévastations de la faim. Si j’ose dire, la mort lui arrive tout doucement dessus sous la forme d’une lente mais irrésistible décrépitude. On a beau croire à l’au-delà par la foi ou s’habituer à la perspective du néant par l’athéisme, cette longue descente en pente molle nous provoque intérieurement.

 

Le temps de la vieillesse

Comment le vivre ? Qu’y vivre encore ? Comment s’y préparer ? Doit-on l’esquiver ? Même si le grand âge fut de toute époque, il ne s’offrait qu’à des cas rares, soulignés avec émotion par la presse à l’occasion d’un centième anniversaire. Le nombre actuel de personnes centenaires en fait désormais une chose presque sans relief. Et donc, que faire, comment vivre ces années ou ces décennies d’une durable décroissance ?

 

Une fois mis d’accord sur les moyens pour soulager les souffrances et rendre notre présence au corps la plus confortable possible, que faire avec notre âme déconcertée par cette manière d’être à laquelle personne ne nous avait préparés. On nous forme pour travailler, construire son foyer, s’ouvrir aux autres et au monde. Mais il n’y a pas eu d’école pour nous apprendre à vivre enclos dans nos dépendances, sans projets terrestres, livrés à des lendemains moins bons que l’aujourd’hui. Si l’éducation a fonctionné, elle nous a appris à grandir et à s’élargir. La vie nous a enseigné ensuite à tenir bon, à patienter devant la résistance de la matière et du temps. Pour autant, nous devons assumer cette dernière et longue ligne droite sans préparation et parfois sans compagnon. Alors, on songe à abréger cette « fin de vie » qui semble sans fin et sans vie.

 

Ainsi, tout au long des âges de la vie, nous expérimentons l’élan de l’Espérance, dans la grâce de la foi.

 

Face à cette situation nouvelle, l’Église ne perd pas le cap de l’Espérance. L’Espérance porte avant tout sur ce qu’il y a après la mort : en ce sens, elle délivre un message d’outre-tombe en promettant la réussite éternelle. Mais elle s’intéresse aussi à ce qui précède : la gaieté des premiers âges, le sens des temps mûrs, la sagesse des moments retirés. Ainsi, tout au long des âges de la vie, nous expérimentons l’élan de l’Espérance, dans la grâce de la foi. Reste à projeter maintenant cette force de l’Espérance sur ce temps ultime des grandes passivités, des longues solitudes, des profonds abandons.

 

Le peut-on tout seul ?

 

+ Mgr Luc Ravel,
archevêque de Strasbourg

Conférence de Mgr Luc Ravel sur le thème « Les jeunes et les anciens… Songes et visions. Que pouvons-nous nous apporter ? » du 26 Septembre 2018.

 

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