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Homélie du 28 septembre 2018



LIRE LES LECTURES DU JOUR

 

Jésus vient de multiplier les pains ; l’enthousiasme de la foule est à son comble. Le Seigneur, lui, se retire dans la solitude pour prier ; c’est-à-dire pour rencontrer plus intimement son Père, l’adorer, lui rendre grâce et écouter ses volontés. C’est là dans cette humble prière, que Jésus est pleinement Fils. Il est parfaitement conscient – y compris dans sa conscience humaine – de son identité et de sa mission : révéler le visage de ce Père qu’il aime et devant lequel il veut s’effacer. C’est pourquoi il fuit la liesse de ces hommes et de ces femmes qui ne parviennent pas à s’élever du signe à la réalité, du pain donné à la paternité qui s’y manifeste.

 

« Pour la foule qui suis-je ? » Les apôtres énumèrent les mêmes propositions que celles qui furent rapportées à Hérode. Certes les foules ont bien pressenti que ce Rabbi hors du commun venait de Dieu ; mais elles reconnaissent tout au plus en lui le prophète de la fin des temps, celui qui devait préparer la venue du Messie. Il leur a manqué, pour découvrir l’identité de Jésus, l’intimité d’une relation personnelle, qui aurait grandi dans la durée.

 

Aussi Jésus est-il en droit d’attendre de ses proches une autre réponse : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui avez parcouru les routes de Judée et de Galilée à ma suite, à qui j’ai réservé mes enseignements les plus profonds, vous à qui j’ai donné ma confiance, mon amitié, pour vous qui suis-je ? »

 

Pierre n’est pas un intellectuel ; il se nourrit davantage des yeux que des discours. Aussi a-t-il observé plus que les autres, avec le regard pénétrant de l’amour, celui qui a pris progressivement toute la place dans son cœur et avec lequel il se sent mystérieusement uni pour le temps et l’éternité. Non son Maître n’est pas un Rabbi comme les autres. Il n’est pas qu’un juif pieux investi de la grâce divine ; il est bien plus qu’un homme remplit de Dieu ; en lui Dieu c’est fait proche de l’homme ; bien plus : en lui Dieu semble avoir pris forme humaine pour nous dire son amour. Mais comment un pêcheur des bords du lac de Galilée, ignorant les Écritures, pourrait-il exprimer un tel mystère ? D’autant plus que son pressentiment semble plutôt hérétique au regard du catéchisme juif qu’il a appris à la synagogue.

 

Pour pouvoir demeurer fidèle à l’heure de l’épreuve, il faut nous hâter d’entrer dès à présent dans son intimité, comme lui-même demeure dans celle de son Père.

 

S’enhardissant pourtant devant le regard insistant de Jésus, Pierre se lance : « Tu es “l’Oint de Dieu” ; celui qui vient de la part du Très-Haut et que Lui seul pourrait définir. Je ne saisis sans doute pas très bien la portée de ce que je dis, mais je peux seulement affirmer, avec l’intuition sûre de l’amour, que sur toi repose en plénitude l’Esprit de sainteté (Is 61, 1). Tu es bien plus qu’un précurseur annonçant celui qui doit venir, ou qu’un prophète lui préparant la route. Le Messie c’est toi : tu es celui qui instaure le Royaume en réconciliant les hommes avec Dieu ».

 

La mise en garde de Jésus, défendant à ses disciples de révéler cette identité avant l’Heure, résonne comme une confirmation de la confession de foi de Pierre. Et pourtant paradoxalement, Notre-Seigneur poursuit en révélant pour la première fois sa fin tragique. Ce n’est en effet qu’au matin de Pâques qu’éclatera au grand jour la gloire du Fils de l’homme ; avant cela, « il faut » d’abord « qu’il souffre beaucoup, qu’il soit rejeté et qu’il soit tué ». On imagine sans peine la perplexité de Pierre, qui à nouveau perd ses repères au moment même où il croyait commencer à comprendre…

 

« Le disciple n’est pas plus grand que le Maître » : un jour nous serons invités nous aussi à marcher à la suite du Christ sans plus rien comprendre, et à nous engager sur le chemin paradoxal de la Croix. Pour pouvoir demeurer fidèle à l’heure de l’épreuve, il faut nous hâter d’entrer dès à présent dans son intimité, comme lui-même demeure dans celle de son Père.

 

C’est au cœur de nos vies quotidiennes que le Bien-Aimé nous pose à nous aussi cette question dont dépend notre salut : « Et toi, qui dis-tu que je suis ? Pour toi, qui suis-je ? » Saurons-nous voir dans le « Fils de l’homme » que le monde rejette, le « Messie de Dieu » qui nous ouvre les cieux ?

 

Abbé Philippe LINK

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