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Homélie du 21 septembre 2018



LIRE LES LECTURES DU JOUR

 

Aujourd’hui Jésus passe et nous appelle (cf. Mt 9,9) :
«Suis-moi» (Mt 9,9).

 

L’Évangile de Matthieu s’accomplit pour nous aujourd’hui
dans un nouvel appel.
 Et où Jésus vient-il trouver Matthieu ? 
Matthieu était-il en prière profonde à la synagogue
ou bien en train d’accomplir 
de grandes œuvres de bienfaisance ? 
Non ! 
Jésus vient à lui alors qu’il a les mains dans le sac. 
Il le rencontre au lieu de sa misère, 
de sa cupidité et de ses fraudes.
 C’est ce qu’a admirablement montré 
le grand peintre Il Caravaggio 
en représentant Matthieu 
assis dans une sorte de sous-sol blafard
où règnent le trafic et la corruption.
 Et c’est bien là que Jésus le rejoint,
c’est là que Jésus nous rejoint :
 «Suis-moi !»

 

Frères et sœurs, que faisons-nous ?
 Jésus nous appelle. 
Il nous choisit et nous appelle. 
Que choisis-tu ?
 Rester assis, faire le sourd, 
et continuer nos trafics 
et nos affaires cachées 
ou bien nous lever, 
accepter d’être aimés et choisis dans notre misère
 et suivre Jésus.
 Aller là où il y ira, 
jusqu’au bout,
 jusqu’au Ciel, 
jusqu’à la communion de bonheur 
que sa croix glorieuse ouvre pour nous ?
 Que choisis-tu ?

 

Que vais-je faire pour toi ? nous dit le Seigneur. Je vais te chercher.
 Je viens te chercher
 comme le bon berger, sa brebis perdue,
 comme la femme, sa drachme perdue,
comme le père, son fils aîné perdu.

 

L’Évangile de ce jour ne s’arrête pas là :
 il nous mène à poser un autre choix.
 Après la scène de l’appel où jaillit la Parole, 
il y a la scène du repas, du banquet, de la table.
 Et là aussi, il va falloir choisir,
choisir entre deux camps.
 D’un côté, il y a la table de Jésus.
 C’est la table du pardon, 
la table de la miséricorde, la table du Salut.
 Et il y a une place pour toi,
une place toute prête.
 Mais en t’approchant tu te rends compte
de qui seront tes voisins de table :
 beaucoup de publicains et de pécheurs (cf Mt 9,11).
 Il me faut m’asseoir entre ma belle-mère 
qui me fait souffrir depuis plus de 30 ans 
bien plus que tous les collecteurs d’impôts du monde ;
et ce truand bien connu aux mœurs scandaleuses
à côté de qui pour rien au monde 
je voudrais être photographié !
 C’est la table de Jésus.

 

De l’autre côté, il y a les «saints», 
c’est-à-dire ceux qui se regardent comme tels. 
Ce sont des pharisiens, littéralement des «séparés» ; 
ils restent debout, regardent à distance
et interrogent les disciples :
«Pourquoi votre Maître mange-t-il 
avec les publicains et les pécheurs ?» (Mt 9,11).
 Ce sont les fils de Jonas
qui était incapable d’accepter la miséricorde de Dieu. 
Leur colère est celle du fils aîné de la parabole,
scandalisé devant l’amour immérité 
dont le Père enveloppe son fils.

 

Et nous frères et sœurs,
de quel côté irons-nous ?
 Sommes-nous prêts à sacrifier 
nos mérites et notre volonté de puissance 
pour nous asseoir à la table du pardon ?
 Cette table est celle de la gratuité de l’amour,
 celle de l’impuissance partagée,
celle de la tendresse débordée de Dieu.

 

Que vais-je faire pour toi ? nous dit le Seigneur. Je vais te chercher.
 Je viens te chercher
 comme le bon berger, sa brebis perdue,
 comme la femme, sa drachme perdue,
comme le père, son fils aîné perdu. L’Amour est dévoilé. 
Les plus grands pharisiens peuvent 
devenir les plus grands saints.
 C’est Paul et tant d’autres.
 Les publicains aussi peuvent devenir de grands saints :
 c’est Zachée, Mathieu et tant d’autres.

 

Frères et sœurs,
aujourd’hui, voulons-nous suivre Jésus ?
 Et nous asseoir à sa table ?

 

Abbé Philippe LINK

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