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Homélie du 19 septembre 2018



LIRE LES LECTURES DU JOUR

 

Dans la péricope de ce jour, Jésus laisse libre cours à sa souffrance devant l’obstination des chefs religieux, en évoquant un jeu dans lequel un groupe d’enfants doit mimer ce que les autres suggèrent. La bonne réponse au signal de la flûte est – par convention – de danser, et de se frapper la poitrine lorsque les meneurs entonnent des chants de deuil. Ce comportement stéréotypé présuppose qu’il n’existerait qu’un comportement approprié et un seul pour chaque situation évoquée. Le jeu ne fait appel à aucune créativité ; il exige simplement du second groupe d’être capable d’identifier la suggestion afin d’y répondre adéquatement. Nous sommes dans le registre de la reproduction figée, excluant toute nouveauté.

 

Dans l’application que fait Jésus de ce jeu d’enfants, le rôle du groupe « meneur » est tenu par « les hommes de cette génération » : « Nous avons joué de la flûte… nous avons entonné des chants de deuil… ». La réponse aurait dû venir des autres acteurs, à savoir Jean Baptiste et Jésus. Or au lieu de danser, Jean « ne mange pas de pain et ne boit pas de vin » : il refuse d’entrer dans la fête ; quant à Jésus, « il mange et il boit » alors qu’on lui demande de se lamenter en réponse aux chants de deuil. Comme il arrive souvent dans les jeux d’enfants, ceux qui ne se plient pas à la règle du groupe se font exclure ; ce sera le sort réservé à Jean et à Jésus, rejetés avec mépris l’un comme « possédé » et l’autre comme « glouton, ivrogne, ami des publicains et des pécheurs ».

 

Au mimétisme de l’homme qui se contente de reproduire des comportements stéréotypés – y compris dans le domaine religieux – Jésus oppose la liberté de l’Esprit, qui sollicite sans cesse les âmes disponibles pour construire un monde nouveau, jaillissant de la créativité infinie du Très-Haut.

 

Le message de Jésus est clair : ceux qui demeurent figés dans leur a priori, dans leur précompréhension sur Dieu et leur prétention à interpréter de manière normative les Écritures, ceux-là sont incapables de reconnaître le temps de la visite du Seigneur. Refusant toute nouveauté, ils considèrent les Envoyés du Très-Haut comme des intrus qu’il faut exclure afin de protéger et de sauvegarder leur pouvoir.

 

A cette maîtrise crispée refusant l’irruption de l’imprévu de Dieu, Jésus oppose une attitude d’accueil et de patient discernement, dont seuls sont capables ceux qui ont gardé un cœur d’enfant : « la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants ». Au mimétisme de l’homme qui se contente de reproduire des comportements stéréotypés – y compris dans le domaine religieux – Jésus oppose la liberté de l’Esprit, qui sollicite sans cesse les âmes disponibles pour construire un monde nouveau, jaillissant de la créativité infinie du Très-Haut.

 

Telle fut l’attitude de Marie, qui su consentir à l’inouï de Dieu venant bousculer ses projets : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ! (Lc 1, 38) ».

 

Certes, depuis que le Père s’est pleinement révélé en se donnant dans son Fils, nous n’avons plus à attendre de nouvelle révélation qui viendrait compléter ce que Jésus nous a offert. Mais il nous faut demeurer à l’écoute de l’Esprit, qui s’adresse à nous à travers la voix de l’Église et la voix de notre conscience, pour nous indiquer sans cesse les chemins toujours nouveaux de l’unique Évangile au cœur du monde d’aujourd’hui. La vraie fidélité n’est pas reproduction du même, mais consentement à la créativité de l’Esprit.

 

Seigneur, préserve-nous d’objectiver ta Parole, d’oublier qu’elle est ta présence vivante au cœur de l’Église et du monde ; qu’elle se renouvelle chaque jour dans la nouveauté de l’Esprit, tout en demeurant dans la continuité avec ce qui fut révélé une fois pour toute. Oui nous le croyons : ton Esprit seul peut nous introduire dans la vérité toute entière, en nous ouvrant l’intelligence au sens des Écritures pour le monde d’aujourd’hui. Donne-nous l’audace des nouveaux commencements, dans la fidélité à Celui qui “est avec nous et nous accompagne tous les jours, jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20).

 

Abbé Philippe LINK

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