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jeudi 15 novembre 2018
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Mgr Ravel : À quel âge être saint ?

 

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Ravel.

Cette question naît de ce que la sainteté est souvent présentée comme un aboutissement, un peu comme on obtient un diplôme à la fin des études. Si c’était le cas, la sainteté ne surviendrait qu’au terme de l’existence voire un peu après, quand nous aurons été purifiés par la rencontre de Dieu dans l’Éternité. La sainteté ne conviendrait donc pas aux jeunes ou aux enfants. Elle serait l’opportunité pour bien finir une vie un peu bâclée.

En réalité, la sainteté de l’homme forme une ligne de vie continue : seul le péché l’interrompt, s’il est volontairement et clairement identifié comme allant contre la divinisation. En cas contraire, il est sottise plus que drame et il arrête la marche plus qu’il n’interrompt la vie.

Et cette ligne de vie, gonflée de surnaturel, s’inscrit dans une réalité concrète différente selon les âges de l’existence. Comme un même chemin passe dans le sable ou dans l’herbe verte et ne donne pas la même impression de facilité au promeneur. La sainteté traverse chaque moment de l’existence et s’enrichit de chacun d’eux. D’où notre intérêt à connaître toute la vie d’un saint et non pas seulement son état terminal.

 

S’élancer avec le feu de la jeunesse au grand large

À la jeunesse, la sainteté correspond aux grands choix, aux décisions novatrices dans lesquelles se trouvent engagées nos puissances (au sens de facultés et aussi de potentialités) et toutes nos forces. Dans ces choix, vit concrètement notre sainteté, la marche de la grâce en nous. Cette incarnation de la sainteté correspond à la personnalité psychologique et spirituelle du jeune, à cette époque de la vie marquée de grands désirs et habitée d’immenses générosités. Les désirs étant fruits de notre activité intérieure, les générosités de notre passivité (notre capacité à se laisser toucher voire aspirer par d’autres, depuis l’extérieur). L’on avance alors dans la voie sainte en s’élançant avec feu au grand large, sans regarder en arrière, survolant aussi les choses et les détails.

 

La grande sainteté du vieillard

Mais à la vieillesse, la sainteté réclame une autre chair. Souvent les choix sont derrière et les orientations ont été construites dans des engagements qu’il n’est plus l’heure de reprendre. Alors les détails, les faits insignifiants, les petites poussières de l’existence s’offrent à nous pour déverser la sainteté dans le réel. Le Diable se niche dans les détails : aussi est-ce là qu’il faut l’en déloger. Au vieillard, ce combat contre Satan, ce combat d’arrière garde où il faut déloger le mal là où il se cache : dans ces faits minuscules, la grande sainteté du vieillard s’épanouit.

Peu importe que Feu divin se réalise dans une action puissante et grandiose ou dans des faits minuscules et quotidiens. Il y a autant de mérite à saisir le détail qu’à piloter le navire.

Jeunes et vieux, à chacun sa sainteté selon son âge !

 

+ Luc Ravel

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