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Saint Arbogast, histoire du patron du diocèse de Strasbourg

 

Les listes épiscopales de Strasbourg signalent saint Arbogast comme le sixième évêque de l’ancien évêché de Strasbourg. Cet évêque est par ailleurs le patron du diocèse, fêté le 21 juillet.

 

Les « vies de saints », rédigées au Moyen Âge ou par des écrivains plus récents, attribuent toutes sortes de miracles à ce saint évêque. On évoque aussi sa mémoire à Surbourg, où il aurait fondé le monastère, et dans la forêt de Haguenau, où il aurait vécu près d’un grand chêne. Cependant, les indices historiques remontant à la période où il a vécu sont minces : aucun document écrit ne peut être invoqué.

 

Sur quels indices s’appuyer ?

Le nom même du personnage tranche avec les noms latins de ses cinq prédécesseurs, ce qui corrobore la thèse selon laquelle il aurait été envoyé dans la région depuis la cour des rois mérovingiens pour convertir les peuplades païennes récemment installées, en particulier les fameux Alamans. Le second indice est une tuile découverte en 1766 sur l’emplacement actuel de la clinique Sainte-Barbe. Cette tuile porte en effet une inscription partielle que l’on peut déchiffrer ainsi : « Arbogastus episcopus fecit. » Cette inscription authentifie l’existence d’Arbogast et de sa fonction épiscopale.

 

La fabrication des tuiles, durant le Haut Moyen Âge, n’était pas une activité anodine et ouverte à « n’importe qui ». Sous l’Empire romain, les ateliers relevaient souvent du fisc, autrement dit de l’État. On peut en déduire que les rois francs ont confié à Arbogast une telle activité, précieuse aussi bien pour fournir des revenus à l’Église que pour livrer des matériaux aux édifices qu’Elle construit, essentiellement des lieux de culte.

 

Arbogast est cet évêque qui a permis à la petite population chrétienne réduite à des gallo-romains de se développer, notamment en s’ouvrant aux nouveaux arrivés d’Outre-Rhin.

 

En 1908, à l’angle sud-ouest de la cathédrale, on a trouvé une deuxième tuile portant la même inscription, ce qui corrobore l’utilisation de ces tuiles épiscopales sur la première cathédrale édifiée au cœur de l’ancien oppidum romain, sur les lieux où s’élevait un temple d’Apollon, selon certains, ou plus probablement la résidence du commandant de la place. Dans le premier cas, cela signifierait que la foi chrétienne prend le relais des cultes païens. Dans le second, cela indique l’importance de la communauté chrétienne à qui se trouve remis un emplacement de prestige. Arbogast est cet évêque qui a permis à la petite population chrétienne réduite à des gallo-romains de se développer, notamment en s’ouvrant aux nouveaux arrivés d’Outre-Rhin.

 

Évêque bâtisseur

Que l’existence historique de saint Arbogast soit prouvée par des tuiles n’est pas inconvenant, puisque cela en fait un évêque bâtisseur. La métaphore de la construction a été utilisée par Jésus lui-même, en particulier lorsqu’il a appelé son disciple Simon « Pierre ». Sans hésitation, les chrétiens lui ont donné en retour le nom d’« Église », en le distinguant simplement par une minuscule, aux bâtiments qu’ils ont construits pour se rassembler. La tuile symbolise la protection de la couverture placée au-dessus des têtes. Belle image que celle de l’évêque qui fabriquait des tuiles pour mettre à l’abri ses fidèles lorsqu’ils se retrouvaient pour louer leur commun Seigneur.

 

Bernard Xibaut

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