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Mgr Ravel : L’horizon des valeurs et la route de la vie

À l’occasion des débats sur les États généraux de la bioéthique, Mgr Luc Ravel souhaite ouvrir le dialogue sur la question sensible de la fin de vie.

La mort ? Pas si simple… Mort « naturelle », choisie, aidée ? Dans ces questions de « bioéthique », celle de la mort nous touche particulièrement par nos proches et par notre avenir, proche pour certains d’entre nous.

 

Sur la mort, sur leur mort, les chrétiens s’expriment avec leur foi et aussi le poids de la vie, identique à celui des autres hommes. Ces voix innombrables chantent ou crient leurs espoirs et leurs luttes. Espoirs de bonheur, luttes contre la souffrance. Elles expriment ces deux réalités qui font la grandeur de notre humanité : les principes que l’on vise et l’existence que l’on vit. Pour le dire autrement : l’horizon, plus ou moins lointain où se découpent les valeurs intangibles, et la route, plus ou moins caillouteuse où nous portons le poids du jour.

 

Sortir des ornières

Sur ce sujet, comme sur tous les sujets avec une dimension éthique, il nous est bon de sortir des ornières dans lesquelles nous tombons souvent. Notre chemin d’humanité, en effet, est bordé par des choix exclusifs et trompeurs. D’un côté, nous ne voyons que l’existence quotidienne, souvent compliquée, parfois douloureuse. Pris par elle, nous ne levons plus les yeux vers le but accroché à l’horizon. À l’autre extrême, nous fixons passionnément l’horizon serein en négligeant la poussière de la route. Dans les deux cas, nous choisissons entre le chemin et le but alors qu’il nous faut les regarder ensemble. Les moralistes en rajoutent en nous pressant de choisir entre une éthique de la responsabilité qui considère le chemin et une éthique des valeurs qui scrute l’horizon. Mais faut-il toujours opposer les deux ?

 

Toute la difficulté de l’existence ne serait-elle pas de conjuguer les valeurs et la vie avec le maximum de concordances ?

 

La responsabilité du chemin nous occupe beaucoup, c’est certain : le long apprentissage, l’accompagnement laborieux, le suivi patient et, pour parler de la fin de la vie terrestre, les soins coûteux et douloureux de la personne malade. Nous ne pouvons pas vivre cette existence sur Terre sans explorer ces voies concrètes dont le poids terrible est souvent le cumul de la pesanteur de chaque instant, douloureux, fastidieux, répétitif, dont le sens échappe au bon sens.

 

Mais l’horizon des valeurs existe lui aussi quelque part dans notre cœur et dans notre esprit. Les valeurs ne peuvent pas être abolies au motif que l’homme d’aujourd’hui se contenterait du concret pour agir. Car les principes aussi sont du concret : c’est d’ailleurs eux qui nous animent, qui nous orientent, qui nous permettent de voir loin. L’homme ne marche pas toujours les yeux fixés sur ses pieds et sur les cailloux du chemin. Il a besoin de lever les yeux vers un monde pénétré d’amour et de lumière, même si la réalité immédiate nous en semble bien éloignée. Toute la difficulté de l’existence ne serait-elle pas de conjuguer les valeurs et la vie avec le maximum de concordances ? Comment tenir ensemble la grâce des principes forts et la pesanteur des jours faibles ? De vivre l’amour éperdu pour la vie humaine, sacrée à tout âge, et la charge responsable du temps ?

 

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg

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