lundi 17 juin 2019
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Laudato Si : bioéthique et éthique de responsabilité

Bioéthique et écologie partagent un même questionnement : celui d’interroger la frontière entre progrès et préservation de notre humanité. En effet, la question écologique relève elle aussi de l’éthique des responsabilités.

Dans son encyclique Laudato’Si, le pape François pose la question centrale de notre rapport à la science. Ainsi il considère « qu’il n’est pas possible de freiner la créativité humaine (…) et qu’on ne peut pas inhiber ceux qui ont des dons spéciaux pour le développement scientifique et technologique, dont les capacités ont été données par Dieu pour le service des autres » (131). Mais il ajoute dans la foulée : « En même temps, on ne peut pas cesser de préciser toujours davantage les objectifs, les effets, le contexte et les limites éthiques de cette activité humaine qui est une forme de pouvoir comportant des hauts risques » (131).

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La notion de limite relève des fondements mêmes de la bioéthique qui postule « la valeur inaliénable de l’être humain, qui va bien au-delà de son degré de développement » (136), de l’embryon à la personne en fin de vie. Cette notion de limite relève également des fondements de l’écologie, car ce qui est en jeu est la possibilité des générations futures de vivre sur notre planète. En effet, pour le pape « l’obsession d’un style de vie consumériste ne pourra provoquer que violence et destruction réciproque, surtout lorsque seul un petit nombre (la très grande majorité des habitants des pays riches) peut se le permettre » (204).

Or ce « consumérisme compulsif » est le moteur de notre système économique qui plonge ses racines dans ce que François nomme le « paradigme technocratique », selon lequel il s’agit « d’extraire tout ce qui est possible des choses par l’imposition de la main de l’humain » sans prendre en considération la finitude de la terre. C’est pourquoi il dénonce « le mensonge de la disponibilité infinie des biens de la planète qui conduit à la presser jusqu’aux limites et même au-delà des limites » et fustige « l’idée d’une croissance infinie ou illimitée » (106).

Devenir responsable

De cet impératif d’autolimitation découle la nécessité d’adopter sans tarder « de nouveaux styles de vie » (203 à 207), « d’accomplir le devoir de sauvegarder la création par de petites actions quotidiennes » (211) et de cultiver la sobriété qui « vécue avec la liberté et de manière consciente, est libératrice, source de « joie et paix » (222 à 227). Plus largement, le pape François estime que « l’heure est venue à une certaine décroissance dans quelques parties du monde – les pays riches – mettant à disposition des ressources pour une saine croissance dans d’autres parties » (193).

Ainsi la question écologique relève-t-elle aussi de l’éthique, l’éthique de responsabilité conceptualisée par le philosophe Hans Jonas : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. » Comme la bioéthique, cette éthique de responsabilité n’est pas une caractéristique particulière ou secondaire de notre humanité, elle en est le fondement voire la condition. Pour le pape François, « c’est notre propre dignité qui est en jeu » (160) !

 

Jacques Muller et Philippe Girardin

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