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AccueilParole LibreBillets de Mgr RavelMgr Ravel : La paix et la mémoire de la Grande Guerre

Mgr Ravel : La paix et la mémoire de la Grande Guerre

 

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Luc Ravel.

 

Pendant des années, presque à chaque intervention, affleurait le mot de « Paix ». Je joue sur le mot intervention qui désigne une conférence ou une opération extérieure, un flux de paroles ou une frappe de guerre. C’était aux armées dont j’ai été l’évêque pendant presque huit ans. J’ai vite compris que la question de la paix n’était vraiment pas derrière nous : plus de 70 ans sans conflits sur notre Europe de l’Ouest a pu nous laisser croire que l’affaire était pliée et la paix définitivement acquise… jusqu’aux attentats mortels qui ont frappé au cœur de nos cités. Dans la paix comme dans la vie, si on n’avance pas, on recule. La paix est non seulement à surveiller comme le lait sur le feu mais elle est à élaborer constamment comme une fraternité fragile.

 

Et pour cela, il faut y réfléchir sans cesse et y investir sans arrêt

Mais pour y œuvrer avec énergie, cette génération qui ne l’a connue que de loin devra écouter ceux qui l’ont vue de près. Je pense à nos soldats d’aujourd’hui et à nos anciens combattants d’hier. Ceux-là ont senti l’odeur du sang et de la poudre. Et rien de tel que des morts, des blessés, des théâtres de guerre extrêmement compliqués pour comprendre le prix de la paix. Et, par ce prix à payer, connaître la valeur de la paix. Car on ne paie cher que ce qui vaut énormément. Reprenons la formule : c’est à son prix qu’on voit la valeur d’un objet. Une guerre n’est ni bonne ni souhaitable mais, quand elle nous arrive, elle démontre avec violence la grandeur de la paix par le poids de morts qu’elle charrie.

 

Par le coût de la guerre, on saisit la valeur de la paix

À défaut de l’avoir faite, la guerre peut nous parler de loin si nous revenons à ce qu’elle fut sur nos terres. La mémoire collective d’un peuple nous sert aussi à avancer si nous l’intégrons dans notre mémoire personnelle. L’oubli est une manœuvre d’évitement psychologique absolument inefficace pour avancer sur les chemins de la paix.

 

C’est avec cette conviction que nous nous lançons dans la commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale. En 2013, je voyais se profiler le Centenaire de la Grande Guerre qui, pour nous Alsaciens, a commencé en 1914. Cet « anniversaire » n’appartient pas à l’Église mais à nos nations en tant que telles. Malgré tout, se joindre à lui me paraissait absolument nécessaire. Les chrétiens ne sont pas appelés à ne produire que des événements internes, commémorations de notre vie ecclésiale, mais à participer aussi à la grande mémoire du monde.

 

À ceux qui voudraient le contester, il faudra rappeler que si la guerre ne s’est pas faite sans Dieu, la commémoration ne peut pas se faire sans Dieu. Et de même la paix. 100 ans après il ne s’agit plus de se réjouir d’une victoire ou de déplorer une défaite mais de comprendre par quels chemins on peut semer la paix ou, au contraire, par quelles impasses on peut la rater.

 

+ Luc Ravel

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