samedi 19 octobre 2019
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AccueilÀ la uneLaudato Si : comment vivre les Rogations à notre époque ?

Laudato Si : comment vivre les Rogations à notre époque ?

 

Traditionnellement, les trois jours avant l’Ascension étaient marqués par des processions matinales à travers champs et prés. On bénissait la terre pour de futures récoltes que l’on espérait généreuses. Pourquoi ne pas pratiquer ce rite ancestral aujourd’hui, dans l’esprit de l’encyclique Laudato Si ?

 

Les Rogations (du latin rogare, demander) furent instituées au Ve siècle lors d’une époque de famines, de tremblements de terre et de bouleversements climatiques. Au VIIIe siècle, cette pratique se transforme sous forme de processions dans les champs. On confie à Dieu, par l’intercession des saints, la bénédiction des fruits de la terre et la protection contre les catastrophes naturelles. Pendant des siècles, les Rogations sont bien suivies, dans les campagnes mais aussi dans les villes, car ce rite n’est pas réservé au monde rural. Le concile Vatican II les a maintenues, mais elles ont eu du mal à perdurer sous les effets conjugués de l’exode rural et de la sécularisation.

 

Dans l’esprit Laudato Si

Dans son encyclique, le pape François en appelle longuement à la responsabilité et à la conversion de chacun. Il nous invite à prendre soin de la vie et de la beauté, à être des protecteurs de la terre et non des prédateurs, à estimer la valeur de chaque chose.

Une procession des rogations pourrait être un temps pour :

  • s’émerveiller et rendre grâce au Créateur pour les dons reçus.
  • lui demander de bénir la terre, le travail de l’homme, les récoltes.
  • lui confier ceux qui ne bénéficient pas des biens de la terre à cause de la pauvreté ou de phénomènes climatiques.
  • lui demander de nous éclairer et nous soutenir dans notre lutte pour la sauvegarde de Sa création.

 

Pour répondre à cet appel, le curé André Pachod et Isabelle Meppiel, coopératrice et membre du conseil pastoral, de la communauté paroissiale « Aux portes du Bruch », ont essayé d’adapter les Rogations à notre époque. Anny Bour, du conseil pastoral, témoigne : « Quand j’étais petite, les rogations se déroulaient le matin. Mais pour adapter ce rite à la vie d’aujourd’hui, elles ont été décalées en soirée. »

 

Ainsi à Innenheim le lundi, Krautergersheim le mardi et Valff le mercredi, veille de l’Ascension, le départ s’est fait près de l’église paroissiale. En plus de l’office dans une des chapelles du ban communal, une procession à travers champs était proposée. Pour ponctuer les arrêts, parfois près d’un calvaire ou d’une croix rurale, des textes, chants et méditations étaient régulièrement lus. Sans oublier la bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail. Une parole d’explication donnée par un ancien sur les lieux-dits traversés, l’observation des végétaux en croissance, un magnifique coucher de soleil à l’horizon ont fait jaillir naturellement la louange. Un contact avec la nature, qualifié par les jeunes adultes présents de « ressourçant et convivial », mais aussi apprécié par les enfants.

 

Pour vivre ensemble cette expérience spirituelle originale

  1. Choisir un moment favorable : au printemps, si possible avant l’Ascension. On peut également donner l’esprit des rogations à des événements déjà existants comme des marches ou des pèlerinages.
  2. Repérer sur le terrain de la communauté de paroisses un itinéraire praticable par tous. Il pourrait passer, selon les cas, par une chapelle, un oratoire, une croix, une exploitation agricole, un hangar, une fontaine/rivière/source, un jardin, un verger, une plantation caractéristique ; mais aussi un pont, un silo, un lieu de tri sélectif, une station de traitement des eaux, etc.
  3. Définir un nombre de pauses tout au long du chemin et choisir pour chaque arrêt un chant, une parole biblique, une prière de bénédiction et/ou d’intercession[1], un extrait de l’encyclique Laudato Si, un geste ou une attitude à vivre ensemble (par exemple : faire silence ; écouter ; observer le ciel, une plante en croissance, un arbre…).
  4. Finir en partageant un verre d’eau, de jus de fruit ou de tisane, du pain, un fruit…

 

La forme de cette démarche peut convenir tout particulièrement aux jeunes générations. Elle peut permettre ainsi de vivre ensemble une expérience spirituelle originale.

 

Pour l’antenne Laudato Si, Marie-Claire Plumeré

 

[1] A cet effet, on trouvera un grand nombre de prières et de textes bibliques dans le Livre des bénédictions aux chapitres XX à XXIII (bénédiction des instruments de travail, des animaux, des champs et des prés, d’une source, d’un puits, d’une fontaine, des fruits nouveaux). Ces prières ainsi que d’autres suggestions sont disponibles sur le site internet du diocèse.

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